Allemagne : qu’est-ce l’AfD, le parti d’extrême droite qui entre au Parlement ?

septembre 25th, 2017 | by Cédric
Allemagne : qu’est-ce l’AfD, le parti d’extrême droite qui entre au Parlement ?
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La déclaration de Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères et figure des sociaux-démocrates, ne fait pas dans la demi-mesure : « Pour la première fois depuis soixante-dix ans, des nazis vont s’exprimer au Reichstag ».

La teneur de cette réaction marque le choc suscité par le bon score de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) aux élections fédérales allemandes qui se sont tenues dimanche 24 septembre. Avec 12,6% des voix (+7,9 points par rapport à 2013), 94 députés de ce parti de la droite nationaliste entrent au Bundestag, le Parlement. C’est une première dans l’après-guerre. Il n’a aucune chance de gouverner avec la chancelière Angela Merkel, mais sa percée marque un tournant dans l’histoire politique de l’Allemagne.

À la différence du Front national, dont la présidente Marine Le Pen a rapidement salué ce score de l’extrême droite allemande, l’AfD est un parti très jeune. Créé en 2013 par un professeur d’université pour lutter contre l’euro, il fédérait des bourgeois conservateurs déçus d’Angela Merkel qu’ils jugeaient trop à gauche. Cela a duré deux ans. Puis au moment de l’arrivée des réfugiés en Allemagne, un autre courant beaucoup plus identitaire a pris le pouvoir, avec des représentants de la droite nationaliste. Certains ont d’ailleurs des relations étroites avec le parti néonazi NPD.

Des liens avec les néonazis

Cela donne aujourd’hui un parti fourre-tout, anti-immigration, anti-islam, qui s’appuie sur la montée des inégalités sociales et dénonce le culte de la repentance et provoque régulièrement en jouant sur les lignes rouges du passé allemand. « Si les Français peuvent être fiers de leur empereur et les Britanniques de Nelson, de Churchill, nous avons le droit d’être fiers de ce que nos soldats ont accompli durant la Seconde Guerre mondiale », a ainsi lâché Alexander Gauland, l’un des chefs de file de l’AfD.

La virulence des réactions vis-à-vis de l’AfD montrent qu’il n’est pas encore complètement établi. Certains de ses courants extrémistes choquent ainsi encore beaucoup d’Allemands. Des centaines de personnes ont manifesté dans les rues, au soir du scrutin, aux cris de « Tout Berlin hait les nazis » ou encore « Nazis dehors ». Le Congrès juif mondial n’a d’ailleurs pas manqué de qualifier l’AfD de « mouvement réactionnaire honteux qui rappelle le pire du passé ».

Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d’Allemagne en France, relativise le score même s’il admet « une très mauvaise nouvelle » pour le pays. « Ils seront très clairement isolés au Bundestag. Dans les premières analyses, les sondeurs disent que 30% de l’électorat de l’extrême-droite a voté pour ses idées, 60% pour exprimer un mécontentement par rapport aux autres partis. Le noyau de personnes qui adhère vraiment à ces idées est quand même minoritaire », dit-il au micro de RTL. Mais pour Bild, le journal le plus lu d’Allemagne, les résultats de ces législatives constituent bel et bien « une victoire cauchemardesque » pour Angela Merkel.

L’AfD affiche toutefois déjà de premières divisions, moins de vingt-quatre heures seulement après l’élection. Frauke Petry, l’une des dirigeantes du parti, a annoncé son refus de siéger au Parlement, à cause des déclarations agressives de son mouvement. « J’ai décidé après mûre réflexion de ne pas siéger au sein du groupe parlementaire », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse de Berlin, aux côtés des autres dirigeants, avant de quitter la salle.

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