« L’inégalité hommes/femmes réside dans nos constructions sociales »

mars 11th, 2017 | by Arthur
« L’inégalité hommes/femmes réside dans nos constructions sociales »
à Méditer
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La question de l’égalité hommes/femmes reste une question centrale à l’époque moderne : chaque jour en France et ailleurs dans le monde, les femmes doivent se battre pour leurs droits car des différences saillantes persistent. Par ailleurs, des réactionnaires de tous bords souhaitent désormais revenir sur les maigres avancées faites ces 70 dernières années. Il est urgent de recentrer le débat.

En matière d’égalité hommes/femmes, les chiffres de l’INSEE rapportés par France Inter, témoignent d’une évolution certaine et bienvenue au siècle dernier. Les femmes souffrent aujourd’hui moins du chômage que les hommes. Parmi les jeunes, ce sont elles qui réussissent le mieux à l’école et, par ailleurs, elles acquièrent leur autonomie plus tôt. Pourtant, de nombreuses injustices persistent, plus sournoises, ou loin de nos yeux.

Des inégalités à tous les niveaux

Vie publique, vie privée, les inégalités entre les femmes et les hommes restant présentes à tous les échelons de la société. Elles sont particulièrement marquées dans le monde du travail : elles concernent les salaires, en moyenne 25 % moins élevés, et se manifestent pas une plus grande difficulté pour les femmes à trouver un emploi stable. Pourtant, révèlent les chiffres de #datagueule, en moyenne, les femmes salariées sont plus diplômées que les hommes. Une étude récente démontrait que, dès l’enfance, les plus jeunes intériorisent de manière inconsciente les inégalités. À l’âge de 6 ans, les filles ont déjà tendance à penser qu’on leur parle d’un homme, lorsqu’on leur évoque une « personne brillante ». Dès l’école, les constructions sociales s’ancrent dans les esprits, notamment via la culture publicitaire, l’influence de la famille ou la télévision.

Dans l’espace public, les publicités sexistes et stéréotypées sont une manifestation éclatante de l’image de la femme véhiculée au sein de la société : elle sert très souvent un objet sexuel réduit à générer quelques pulsions primitives chez le consommateur. Dans la sphère privée, les inégalités sont également très présentes : en France, une femme meurt en moyenne tous les 2,7 jours sous les coups de son conjoint. S’il est important de rappeler que la violence conjugale envers les hommes existe aussi (environ 25 cas d’homicide par an), avec des systèmes d’aide adaptés, elle reste largement inférieure que les violences faites aux femmes, davantage systémiques.
Un pas en avant, deux en arrière

Réjane Sénac, chercheuse au CNRS, salue dans la vidéo de #datagueule le changement de paradigme auquel nous assistons, et notamment les efforts réels pour lutter contre les inégalités. Cependant, elle regrette que dans un très grand nombre de cas, les femmes soient recrutées à raison de leur sexe, et non à raison de leurs compétences. L’inclusion est justifiée par « une égalité sous condition de la performance de la différence ». Pour dépasser cette situation, la chercheuse appelle à assumer et à prendre du recul sur « l’héritage » idéologique qui consiste à justifier les inégalités par une infériorité naturelle des femmes : si l’égalité est si difficile à mettre en pratique, c’est en raison de cet axe de pensée. Parmi les solutions, Réjane Sénac évoque une prise en charge publique des enfants dès leur plus jeune âge pour permettre aux femmes de continuer à conserver une indépendance économique après l’accouchement. Par ailleurs, elle insiste sur l’importance à changer la manière dont on parle aux enfants, en faisant évoluer les éléments de langage qui façonnent leur représentation des relations hommes/femmes.

Notons enfin qu’à travers le monde la lutte des femmes pour leurs droits est un combat de longue haleine qui se heurte à de vives résistances réactionnaires. Aux États-Unis, le nouveau président banalise les discours misogynes, et s’attaque au droit des femmes à disposer de leur corps en s’opposant au droit à l’avortement. En Amérique latine, les féminicides et les violences perpétrées à l’encontre des femmes sont en pleine explosion. Au Mexique, deux wagons de chaque métro sont exclusivement réservés aux femmes pour éviter les agressions. À chaque station, des policier.ère.s vérifient que personne n’enfreint la règle. Les harcèlements sexuels dans les transports en commun sont également une problématique bien réelle en France. Jusqu’à aujourd’hui, la majorité des sociétés restent structurellement violente vis à vis des femmes, c’est à dire, dans la manière même dont les grandes institutions, héritages du passé, se sont constituées et peinent à évoluer.

Source: Mr Mondialisation

Arthur

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